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vendredi 3 septembre 2010

Forex : 4000 milliards de dollars échangés chaque jour

Voici un excellent article de l'excellente journaliste du Figaro, Martine Rabreau, concernant les volumes échangés sur le Forex.

Basé sur le dernier rapport de la BRI, on y apprend, entre autres, que les volumes quotidiens, qui atteignent désormais 4 000 milliards de dollars, ont progressé de 20% depuis 2007.

85% des échanges concernent le dollar contre 39% pour l'euro.

Un autre élément important : les transactions interbancaires sont désormais dépassées par celles des fonds spéculatifs et des banques centrales.

A lire absolument : article

vendredi 19 octobre 2007

Dévaluer l'euro entraînerait une hausse des prix en France, selon Giscard d'Estaing

Voici un autre point de vue sur la baisse du dollar qui date un peu (le 27/09/2007) mais qui est toujours d'actualité.

VGE présente très synthétiquement les avantages et les inconvénients de cette baisse du dollar.

On part généralement du principe que la hausse d'une devise entraîne irrémédiablement une perte de compétitivité.

Ceci est vrai d'un point de vue macro-économique mais encore faut-il prendre en compte la structure de la balance commerciale pour évaluer les limites précises de cet impact.

Comme le disait Sarah Guillou dans l'article que j'ai publié hier soir sur le blog, grâce à l'euro, seul 1/4 des exportations françaises est impacté par la baisse du dollar.

Autrement dit, l'euro, que l'on considère de plus en plus comme l'origine de tous les problèmes français, a supprimé le risque de change sur à peu près 75% des exportations de la France sachant que la zone euro est la première cliente de la zone euro et que le premier partenaire commercial de la France est l'Allemagne.

Concernant les 25% des exportations en dehors de la zone euro, je suppose (pas vu de chiffres détaillés) qu'il y a pour une grande partie les exportations d'Airbus. Or, la gestion du risque de change de transaction comme le risque de change économique fait partie intégrante du métier de toute entreprise qui travaille à l'internationale.

Se plaindre des variations de change en espérant une intervention politique, plutôt que de mettre en place les mécanismes de gestion et de couverture, est avant tout une preuve... d'incompétence puisque ce risque fait partie du métier de l'entreprise !!

Qui comprendrait que les dirigeants d'Air France se plaignent de la hausse du prix de baril plutôt que de faire leur métier à savoir se couvrir contre cette hausse.

Dans un langage encore plus simple, qui comprendrait qu'un chirurgien se plaigne d'une complication lors d'une opération plutôt que de faire de son mieux pour gérer l'imprévu; lorsqu'il n'a pas pu prévoir la complication avant même qu'elle ne se produise.

Concernant les importations asiatiques, comme le souligne très justement VGE, il s'agit de produits à très faible valeur ajoutée. Et là, on pourra dévaluer l'euro autant que l'on veut, on n'atteindra jamais les prix des chinois puisque l'essentiel de l'écart de prix se trouve dans le coût du travail.

Enfin, concernant les importations énergétiques, la baisse du dollar ne peut qu'être salutaire.

Bien à vous
Rostam

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PARIS (AFP) - L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing estime qu'une dévaluation de l'euro, qui atteint un niveau historique face au dollar, "se traduirait irrémédiablement par une hausse des prix en France", dans une interview publiée samedi dans le Figaro Magazine.

"Une dévaluation se traduirait irrémédiablement par une hausse des prix en France - du fait du renchérissement du coût de nos importations - et au bout du compte, par une baisse du pouvoir d'achat des Français", déclare-t-il.

"Une baisse de l'euro serait sans effet sur nos exportations vers les pays membres de l'Union (000910.KS - actualité) européenne, dont l'Allemagne, qui est notre premier partenaire économique", explique-t-il.

"Elle aurait peu d'impact sur notre déficit commercial avec l'Asie. Les produits que nous y achetons sont ultra-compétitifs et bon marché: ils le resteront, quelle que soit la valeur de notre monnaie".

L'euro est monté vendredi jusqu'à 1,4278 dollar, nouveau record historique, sur fond de spéculations sur de nouvelles baisses des taux d'intérêt aux Etats-Unis.

Pour l'ancien président, "on a tendance à faire un faux procès à la monnaie européenne."

"D'autant que sa force peut être perçue comme un atout. Elle nous permet de payer notre énergie bon marché (38% moins cher par exemple que les Américains)", ajoute-t-il.

M. Giscard d'Estaing avait reçu le 17 septembre le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet, et lui avait apporté son soutien, en pleine polémique avec le président Nicolas Sarkozy, dont le conseiller spécial, Henri Guaino, qualifiait encore le 23 septembre le niveau de l'euro d'"absurdité".

Pour VGE, "le problème central de la France est le manque de compétitivité de son industrie", et "le vrai remède, c'est l'investissement", pour dynamiser l'innovation et moderniser nos outils de production.


Source

jeudi 18 octobre 2007

L'euro à 1,40 dollar, quelles conséquences pour la France?

Voici un entretien intéressant paru sur le site de l'expansion le 20/09/2007.

Sarah Guillou, économiste au département de recherche sur l’innovation et la concurrence de l’OFCE, fait le point sur l'impact de la baisse du dollar sur l'économie française.

Contrairement aux idées reçues, cette baisse génère du pouvoir d'achat alors que son impact sur les exportations reste limité.

Bonne lecture
Rostam

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Les marchés anticipent une nouvelle baisse des taux d'intérêts américains, quand la BCE ne donne aucun signe d'inflexion. Ce qui mécaniquement fait monter le cours de l'euro face au dollar. Revue des entreprises les plus touchés à l'export avec Sarah Guillou, économiste à l'OFCE.

La monnaie unique a encore amélioré son record face au dollar jeudi, passant le cap symbolique des 1,40 dollar à exactement 1,4077 dollar pour un euro. Les cambistes se sont réfugiés sur la devise européenne au fur et à mesure que le patron de la réserve fédérale américaine s'exprimait face au Congrès à Washington. Et Ben Bernanke a avoué aux parlementaires que les pertes enregistrées suite à la crise du « subprime » ont « dépassé les estimations les plus pessimistes ». Rien de très rassurant. Dès lors, le marché anticipe une probable nouvelle baisse des taux de la Fed. L’euro avait bondi une première fois mardi, après la décision de baisser le loyer de l’argent d’un demi point aux Etats-Unis.

Entretien avec Sarah Guillou, économiste au département de recherche sur l’innovation et la concurrence de l’OFCE.

Quelle est la part des exportations françaises sensible aux effets de change?
Sarah Guillou : Seulement 35% des exportations françaises se font hors de l’Union européenne. Seuls ces 35% sont véritablement impactés par la hausse de l’euro. Encore faut-il retrancher de ces 35% la part des exportations intra-firmes, les échanges entre les entreprises françaises et leurs filiales à l’étranger. Ces échanges sont insensibles aux effets de change et correspondent au tiers de l’ensemble. Ce qui fait qu’en définitive, seulement un quart des exportations françaises est exposé à une variation des taux de change.

Les exportations françaises sont elles particulièrement sensible à une hausse de l’euro ?
Rien n’est avéré sur ce point. On peut seulement le supposer. Il n’y a pas de si grande différence avec l’Allemagne en termes de spécialisation sectorielle ou de positionnement de marché. La France aussi exporte des biens d’équipements. Cependant, on peut penser que la France est moins bien positionnée sur les segments à haute valeur ajoutée et avec un fort contenu technologique. Ce qui peut la rendre plus vulnérable lorsque la compétitivité prix est atteinte.

Quels sont les secteurs et les entreprises qui souffrent le plus ?
Les secteurs et les entreprises les plus touchés sont ceux qui bénéficient le moins de la baisse des coûts importés, comme l’énergie ou les matières premières, qui sont facturées en dollars. Au contraire, toute entreprise qui a une structure de coûts en dollars voit son pouvoir d’achat augmenter. Par définition, les entreprises concernées sont celles qui ont des clients hors zone euro, les plus grandes firmes par exemple.

Les plus exposées sont celles qui n’ont pas su différencier leurs produits en innovant, et qui restent donc fortement tributaires de la compétitivité prix. Si une entreprise innove, elle se place sur un segment de marché où il n’y a plus de concurrence directe. Elle peut donc librement fixer ses prix. C’est la compétitivité hors prix qui permet de supporter une baisse de compétitivité prix, due aux effets de change. Les entreprises peu innovantes sont d’autant plus sensibles à la hausse de l’euro qu’elles ont de faibles marges. Elles ont moins la possibilité de rogner leur marge et doivent répercuter la hausse de l’euro sur leurs prix au risque de perdre des parts de marché.

Mais les entreprises qui n’exportent pas peuvent également être handicapées par les effets de change. Car la force de l’euro, c’est aussi la faiblesse du yuan ou du yen par exemple. Les entreprises de ces zones monétaires bénéficient à l’inverse d’une dépréciation qui leur permet de rentrer sur les marchés de la zone euro et d’y concurrencer ses entreprises.

Faut-il craindre des dommages pour une entreprise comme Airbus ?
Si Airbus souffre de la vigueur de l’euro, c’est parce qu’il est en situation de duopole face à Boeing, une entreprise américaine, qui connaît, elle, une dépréciation de sa monnaie. Mais je pense qu’Airbus peut d’autant mieux se prémunir contre les effets de change que c’est une très grande firme, d’une part. Elle a des moyens financiers très importants qui lui permettent de se couvrir sur les marchés. Et elle peut d’autant mieux le faire qu’elle ne produit que sur commandes, ce qui lui permet d’anticiper son exposition comptable aux risques de change. Airbus gère ce désavantage, en outre, en le reportant sur ses sous-traitant. De ce point de vue, c’est surtout la sous-traitance aéronautique, qui n’a pas ces capacités de couverture, qui souffre de la vigueur de l’euro.

mercredi 26 septembre 2007

Les transactions sur les marchés de change explosent

Un article intéressant paru aujourd'hui sur le site du Monde. Rostam
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C'est un montant qui donne le vertige et illustre le rythme de développement quasi exponentiel que connaissent les marchés financiers internationaux. Selon les statistiques publiées mardi 25 septembre par la Banque des règlements internationaux (BRI) et collectées auprès de 54 banques centrales dans le monde, le volume quotidien des transactions sur le marché mondial des changes s'élève à 3 200 milliards de dollars (2 265 milliards d'euros). En comparaison, cela représente environ une fois et demi le produit intérieur brut (PIB) de la France.

Spectaculaire en niveaux absolus, ce montant est également impressionnant par la rapidité de la progression observée. Selon la précédente enquête de la BRI, réalisée il y a trois ans, le volume quotidien des transactions sur le marché des changes était "seulement" de 1 880 milliards de dollars en 2004. Cette hausse de 71 %, à taux de change courant, et de 65 % à taux de change constant, est "sans précédent", note la BRI. Pour mémoire, lors de la première étude réalisée en 1992, ce volume s'établissait à 820 milliards de dollars.

Pour expliquer cette explosion des montants, la BRI, qu'on surnomme aussi la banque centrale des banques centrales, met en avant l'essor de nouveaux acteurs des marchés financiers, en particulier les hedge funds, ces fonds spéculatifs, essentiellement originaires des pays anglo-saxons, qui gèrent de façon dynamique et à très court terme les capitaux que leur confient leurs clients.

"La tendance des investisseurs institutionnels disposant d'un horizon de placement à plus long terme à détenir des portefeuilles plus internationalisés pourrait aussi avoir joué"
, ajoute la BRI. De fait, les compagnies d'assurances ou les caisses de retraite, qui se contentaient de placements plutôt nationaux, n'hésitent plus désormais à placer leur argent au-delà des frontières, ce qui les oblige à réaliser des conversions de devises. Certains n'hésitent pas à jouer sur les écarts de taux entre pays, empruntant dans des devises comme le yen ou le franc suisse où les taux d'intérêt sont très bas pour les replacer dans des pays où ils sont plus élevés.

"Le développement des techniques sophistiquées de trading, notamment celles faisant intervenir des outils mathématiques complexes, pourrait aussi avoir favorisé les transactions sur le marché des changes",
souligne la BRI.

La publication de cette étude, intervenant en pleine crise financière, a de quoi nourrir les critiques contre l'importance démesurée prise aujourd'hui par les marchés de capitaux et par la déconnexion croissante entre la sphère financière et la sphère économique réelle. Le volume quotidien de 3 200 milliards de dollars de transactions sur le marché des changes représente plusieurs centaines de fois celui des échanges commerciaux véritables.

NOUVEAUX INSTRUMENTS FINANCIERS

Les professionnels de marché tiennent toutefois à relativiser ce décalage. Ils soulignent que l'importance des volumes, essentiellement entre banques, est le garant de la liquidité du marché, c'est-à-dire la possibilité pour tout acteur (gestionnaire, entreprise, etc.) de pouvoir acheter ou vendre une devise au prix désiré. Ils observent aussi que le boom des transactions sur le marché des changes est lié au développement de nouveaux instruments financiers dits dérivés permettant aux entreprises de se protéger contre les fluctuations des devises.

C'est ainsi que, selon la BRI, le montant quotidien des opérations de gré à gré sur produits dérivés est passé de 1 220 milliards de dollars en 2004 à 2 100 milliards en 2007. Il a été multiplié par près de six en neuf ans !

Le dollar reste de loin la plus importante devise sur le marché des changes, même si elle a perdu 2,4 points de pourcentage en trois ans. Il figure dans 86,3 % des opérations. Chaque monnaie est forcément comptabilisée en double car deux devises sont impliquées dans une transaction.

L'euro, pour sa part, est resté quasiment stable (- 0,2 point) à 37 %, tandis que le yen a baissé de 3,8 points à 16,5 %. La BRI relève aussi que le dollar hongkongais a été beaucoup négocié, "probablement du fait des liens entre Hongkong et la Chine". "Quoi qu'il en soit, relève la BRI, la part de marché des devises des pays émergents sur le marché des changes a augmenté. Elles sont impliquées dans près de 20 % des transactions en avril 2007."

Du côté des places financières, la City de Londres conserve et accentue même sa position de numéro un sur le marché mondial des changes avec 34,1 % de part de marché contre 31,3 % en 2004. Viennent ensuite les Etats-Unis (16,6 %), la Suisse (6,1 %), le Japon (6 %) et Singapour (5,8 %). La France arrive en huitième position avec 3 %.

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Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-959702@51-954054,0.html